La France qui a renforcé sa lutte contre l’homophobie sur le territoire national par le vote de la loi contre les injures et diffamations homophobes en 2004 sous l’impulsion de GayLib et de Jean-Pierre
Raffarin, pourrait s’engager encore plus à l’international sur ce sujet.
Est-il utile de rappeler que l’homosexualité est encore punie de la peine de mort dans au moins sept pays ? Que dans beaucoup d’autres, l’homophobie globale de la société et la complicité des autorités
permettent que des menaces et des agressions soient commises à l’encontre d’homosexuels, en toute impunité ?
Or la France est toujours considérée comme le pays des droits de l’Homme. Sa parole et son engagement comptent en Europe et dans les autres
pays.
Alors, il n’y a aucune raison de ne pas soutenir ouvertement le symbole qu’est la Journée Mondiale contre l’Homophobie. Cette reconnaissance officielle serait un premier signal fort au Monde de l’engagement de
la France dans la lutte contre toutes les discriminations.
Cette Journée a déjà été reconnue par le Parlement Européen, le Royaume-Unis, la Belgique, plusieurs provinces d’Espagne, du Canada et du
Mexique, le Costa-Rica.
GayLib se joint au comité IDAHO dans sa demande pour la reconnaissance officielle par la France du 17 mai comme Journée Mondiale contre
l’Homophobie.
L’équipe
de GayLib
Fin octobre 2007, la Cour d’Appel de Paris reconnaissait à un couple, ayant
eu recours à la Gestation Pour Autrui (GPA) en Californie, le statut de parents pour leurs deux jumelles, faisant naître un énorme
espoir aux couples obligés aujourd’hui de pratiquer le tourisme procréatif.
Cet espoir perdure puisqu’un groupe de travail sénatorial « planche » depuis le début de l’année sur ce thème. Une proposition de
loi pourrait être l’aboutissement de ses réflexions. Une GPA légalisée et strictement encadrée est souhaitée par bon nombre d’associations. Elle permettrait de mettre un terme aux dérives
actuelles liées à internet et à l’obligation pour les futurs parents de se rendre à l’étranger, provoquant ainsi une discrimination sociale et économique.
Que faut-il en attendre ? À qui cette GPA serait-elle ouverte : aux couples hétéros dont la femme stérile n’a d’autre recours que la
GPA ? Et aux célibataires ? Et aux couples gays ?
Le champ d’application de cette future proposition permettra à nos concitoyens d’apprécier les conséquences et les leçons que notre pays aura
tirées de sa condamnation en début d’année par la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Rappelons que celle-ci a condamné la France pour discrimination dans une affaire d’adoption par une
célibataire lesbienne. Un champ limité aux couples hétéro, excluant les célibataires et les couples gays serait le signe que la France, patrie des droits de l’homme et première à donner des
leçons à la terre entière n’est pas capable de prendre ses responsabilités face à son peuple quand il s’agit d’équité entre les citoyens. Rappelons qu’à ce jour, la GPA est un des rares domaines
où les hétérosexuels et les homosexuels sont traités de la même façon puisqu’elle est interdite pour tous.
GayLib a contribué à ce groupe de travail et a fait un certain nombre de propositions
quant aux modalités possibles de mise en place de la GPA dans notre pays.
Nos propositions prennent en compte le triptyque Père, Mère, Enfant (PME) façon GPA : parents intentionnels, mère gestationnelle,
enfant.
Elles visent à faciliter la réalisation de milliers de projets parentaux, sans que le corps de la femme ne puisse être d’aucune façon
instrumentalisé. Il n’est de plus grand bonheur que de constituer une famille et les parents qui ont recours à la GPA en sont aussi les témoins. Sachons leur aménager d’autres perspectives que
d’être condamnés pour « adoption frauduleuse » ou parfois même pour« enlèvement d’enfant ».
Emmanuelle Revolon
Présidente Déléguée de GayLib
Présidente de la commission familles