Une prise de recul sur le VIH/sida en France :
accompagner davantage les séropositifs notamment les personnes nouvellement dépistées
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Voici une petite synthèse des chiffres clés à retenir sur le VIH/sida en France :
L’Institut de Veille Sanitaire (InVS) a présenté hier les résultats de l’analyse de 10 années de surveillance du VIH/sida en France, depuis l’introduction de puissants traitements antirétroviraux en 1996 (1).
Ces 10 années ont montré l’impact majeur de ces traitements : diminution importante du nombre de cas de sida (de 4 000 en 1996 à 1 200 en 2005) et de décès liés au sida (de 3 000 à 400). Ces traitements permettent aux personnes connaissant leur séropositivité VIH de retarder l’apparition du sida. Néanmoins, un certain nombre de personnes infectées par le VIH sont dépistées tardivement, au moment du diagnostic d’une pathologie sida (environ 600 personnes en 2005), avant d’avoir pu bénéficier d’antirétroviraux.
Le nombre de personnes infectées par le VIH, vivant en France, a augmenté au cours du temps : il est estimé à environ 134 000 en 2005 (avec un intervalle de plausibilité compris entre 100 000 et 170 000). Parmi ces personnes, environ 27 000 ont développé une pathologie sida. En 2005, près de 7 000 personnes ont découvert leur séropositivité VIH et ce nombre est stable depuis 2003.
La transmission sexuelle demeure encore le mode de propagation essentiel du VIH en France. Plusieurs études montrent une reprise importante des comportements à risque dans la population homosexuelle masculine, alors que cette population, fortement touchée par le VIH dès les premières années de l’épidémie, est a priori bien informée. Ces prises de risque se traduisent, depuis les années 2000, par l’émergence de certaines infections sexuellement transmissibles (syphilis, lymphogranulomatose vénérienne rectale) et par l’augmentation du nombre de découvertes de séropositivité VIH depuis 2003 dans cette population.
Une autre situation préoccupante concerne les personnes d’Afrique subsaharienne, parmi lesquelles le nombre de cas de sida a fortement augmenté entre 1998 et 2002, en association avec un dépistage souvent tardif. Depuis 2003, des constats encourageants sont néanmoins observés, avec une tendance à la diminution du nombre de cas de sida et de découvertes de séropositivité, dans un contexte d’une amélioration récente du dépistage. Cette population reste par contre fortement touchée par la précarité, ce qui peut induire des difficultés de suivi des traitements, avec un risque d’échecs thérapeutiques.
La contamination par le VIH a fortement diminué, tout au long de ces 10 années, dans la population des usagers de drogues, grâce à leur adhésion aux politiques de réduction des risques. Ils représentent désormais une part faible des personnes qui découvrent leur séropositivité ou qui développent un sida.
Alors que le premier cas sida en France remonte à 1978 et que la déclaration obligatoire du sida a été instaurée en juin 1986, la surveillance a été progressivement enrichie par la déclaration obligatoire du VIH, la surveillance des infections récentes et des sous-types du virus, par des données comportementales et des études complémentaires en lien avec l’ANRS (sur le dépistage, le retard aux soins, la co-infection par les hépatites,…). Cette surveillance épidémiologique reste aujourd’hui un outil indispensable, permettant d’adapter les politiques publiques destinées à lutter contre le VIH/sida dans notre pays.
Après les chiffres, je pense qu’il y a deux types populations à « surveiller » ce sont les jeunes séronégatifs qui ne semblent pas se rendre compte que le sida n‘a pas encore trouvé de vaccin. J’ai pu discuter avec pas mal de jeunes qui pensent que l’arrivée de la trithérapie leur permettra de vivre normalement et se protège de moins en moins.
L’autre population serait les personnes étant nouvellement (moins d’un an) informées de leur séropositivité… il est primordial de les accompagner davantage vers ce changement de situation sérologique surtout sur le plan psychologique. En effet, cette population peut prendre encore des risques car elles pensent qu’elle ne pourra plus attraper quelque chose de plus grave.
J’ai pas mal trainé au Kiosque Info Sida pour aider bénévolement cette association, j’ai remarqué qu’il y avait les séropositifs avant trithérapie (1996) et les séropositifs après trithérapie. Les deux populations se rencontrent peu car il n’y a pas les mêmes demandes. En effet, « les avant trithérapie » ont eu pour certains des maladies opportunistes graves qui ont bouleversé leur vie et se retrouvent pour certains dans des détresses sociales inquiétantes.
Les « après trithérapie » ne connaîtront certainement jamais plus les maladies opportunistes, auront peu d’effets secondaires (de grands progrès ont été fait sur les médicaments). Ils vivent normalement et l’on voit apparaitre des associations centrées sur la convivialité et non la maladie.
On a deux types de populations qui cohabitent et n’ont pas les mêmes attentes. Il serait intéressant que les candidats en tiennent compte, et GayLib défendra cette prise de conscience auprès de notre famille politique.
Hervé GASTAUD
Secrétaire Général de GayLib
(1) : « Lutte contre le VIH/sida et les infections sexuellement transmissibles en France - 10 ans de surveillance, 1996-2005 ». Rapport intégral (159 pages) et synthèse (20 pages) disponibles sur le site de l’InVS.